Le retour au travail après maladie
Analyse SWOT du retour précoce au travail après un arrêt maladie
L'analyse SWOT est un outil qui peut aider à identifier les Forces (Strenghts), les Faiblesses (Weaknesses), les Opportunités (Opportunities) et les Menaces (Threats) d'une situation donnée.
S : Strenghts / Forces
Le retour précoce au travail après maladie est une mesure qui diminue le risque d’évolution vers l’invalidité, en évitant la sinistrose, surtout en cas d'accident du travail ou maladie professionnelle (la sinistrose est la tendance à dramatiser la situation, à se renfermer dans une logique non-constructive de victime).
La soutien social au travail peut représenter un élément psychologique important pour la reconstruction et le rétablissement de l'état de santé.
La reprise du travail permet de retrouver le niveau de revenus antérieur, l'arrêt maladie étant généralement pénalisant de point de vue financier.
W : Weaknesses / Faiblesses
L’entreprise n’a pas de réelle visibilité sur les causes réelles d’absence au travail, elle peut constater seulement les absences, pas les maladies. Pendant l’arrêt maladie, les contacts entre l’entreprise et le salarié malade sont généralement rares, voire inexistants. Juridiquement le contrat de travail est suspendu.
La reprise précoce du travail avant la guérison définitive de la maladie demande un effort important de la part du salarié, aussi bien physique (pour dépasser son problème de santé, seulement partiellement résolu), que psychologique (en cas de reprise sur un poste aménage, il s'agit d’une activité qu’il ne lui est pas familière, qui n’est peut-être pas valorisante).
O : Opportunities / Opportunités :
La visite de pré-reprise
- peut avoir lieu à la demande du médecin conseil en cas arrêt maladie d’au moins 3 mois, à la demande du salarié ou du médecin traitant
- sur le plan psychologique l’intérêt de cette visite est d’empêcher la sinistrose, de redonner confiance et de mobiliser le salarié vers un projet professionnel
- sur le plan médical, elle facilite les échanges entre les différents professionnels de santé, la cohérence des discours médicaux et sociaux
- par rapport au travail, elle représente l’occasion d’entamer une réflexion entre toutes les parties (employeur, salariés, professionnels de santé, autres intervenants) dans l’objectif de prévenir la désinsertion professionnelle.
Cette visite permet d’identifier un besoin de d’intervention extérieure :
- d’un ergonome pour l’aménagement ergonomique du poste de travail
- du SAMETH pour aides organisationnelles, techniques, financières nécessaires le maintien dans l’emploi des travailleurs handicapés
- d’un psychologue du travail pour aider le patient à surmonter les difficultés liées à la maladie, pour une évaluation de l’état psychologique et des besoins d’accompagnement
En principe, si l’arrêt maladie se prolonge, plusieurs visites de pré-reprise peuvent être organisées ; l’intérêt de ces réévaluations périodiques est de ne pas conforter le patient dans un statut d’invalide, d’assurer un suivi et les échanges entre les professionnels de santé et la recherche des possibilités de reprise ou reclassement avec l’entreprise.
Le temps partiel thérapeutique est une mesure utile qui permet :
- au salarié de rester le milieu du travail, intégré dans le collectif, de ne pas s’enfermer dans des préoccupations uniquement liées à sa maladie, de se sentir utile et de développer une attitude positive par rapport à ses difficultés
- à l’employeur, de garder le contact avec le salarié, de pouvoir suivre son évolution et d’échanger avec le lui sur ses besoins ou ses difficultés, afin de prendre les mesures nécessaires pour y pallier
- c’est un dispositif qui facilite le passage vers la reprise du travail à temps complet
Statut de travailleur handicapé
La reconnaissance du statut de travailleur handicapé facilite l'adaptation du poste de travail aux capacités restantes du salarié, car l'employeur a une obligation légale de compenser le handicap, il peut demander l'accompagnement dans cette démarche par le SAMETH et des aides financières de la part de l'AGEFIPH.
Par ailleurs, un travailleur handicapé et inapte à exercer son emploi peut se voir proposer un contrat de rééducation professionnelle lui permettant d'exercer une nouvelle fonction au sein de l'entreprise ou l'accès à une formation qualifiante en centre de rééducation professionnelle destinée à apprendre un nouveau métier.
Partenaires dans l’entreprise
Le Comité d'hygiène, sécurité et conditions de travail (CHSCT) est consulté sur les mesures prises en vue de faciliter la mise, la remise ou le maintien au travail des salariés handicapés. Il doit être associé à la recherche de solutions concernant l'organisation matérielle du travail, l'environnement physique du travail, l'aménagement des lieux de travail et leurs annexes.
Les délégués du personnel donnent leur avis sur le nouveau poste que l'employeur envisage de proposer au salarié dans le cadre d'un reclassement suite à un accident du travail ou à une maladie professionnelle.
Les exigences législatives qui s'imposent à l'employeur:
la réadaptation et la rééducation de tous les travailleurs handicapés (article L5213-3 du Code du travail)
le ré-entraînement au travail et la rééducation professionnelle de tous les salariés malades des entreprises ou groupes d’entreprises appartenant à une même activité professionnelle de plus de 5000 salariés - (article L5213-5 du Code du travail).
Le travail en réseau entre les professionnels de santé est également nécessaire, surtout la collaboration entre les centres de médecine physique et de réadaptation et les services de santé au travail (certains centres ont un département professionnel, l’indication de séjour étant l’existence manifeste d’un problème de maintien au travai).
T : Threats / Ménaces
Manque d'information et de communication
Il existe une certaine méconnaissance de la part des salariés et des médecins traitants sur l'intérêt de la visite de pré-reprise et les possibilités d’alléger le travail pour correspondre aux capacités du salarié malade et de ce fait.
Difficultés de reclassement
L’organisation d’un poste aménagé (concertation des parties concernées : service RH, responsable direct, médecine du travail) est LENTE. Cette lenteur du dispositif peut décourager le salarié malade à faire cet effort, d’où la nécessité de préparer à l’avance des postes aménagés ou d’anticiper les possibilités de reprise pendant l’arrêt maladie.
Une perception négative du salarié sur le soutien social au travail, de la part des supérieurs hiérarchiques ou des collègues, va diminuer les chances de reclassement ou de reprise.
Réparation du préjudice
La recherche d'une reconnaissance ou d'une réparation du préjudice subi, en cas d'accident du travail ou de maladie professionnelle, diminue la motivation à retrouver le plus rapidement possible l'état physique antérieur et de reprendre le même poste de travail.
Propositions
Les entreprises devraient élaborer une politique de facilitation du retour précoce au travail des salariés malades, en anticipation des situations effectives de reprise du travail. Les managers de proximité jouent un rôle important lors de la réintégration des salariés malades, par le soutien qu'ils peuvent apporter et en faisant preuve de flexibilité et ouverture d'esprit.
Une bonne communication sur le sujet est également nécessaire (politique de l'entreprise, possibilités de reclassement temporaire sur un poste aménagé, personnes de contact de l'entreprise, intérêt de la visite de pré-reprise avec le médecin du travail).
Dernière mise à jour: 29/04/2012
Page créée le 14/01/2012
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